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LOST IN TRANSLATION WITH A WHOLE FUCKING NATION. (Charon)

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Sujet: LOST IN TRANSLATION WITH A WHOLE FUCKING NATION. (Charon)
Mer 26 Oct - 22:41

Fermant consciencieusement la porte de l’appartement, elle posa fébrilement la paume de ses mains contre l’entrebâillement de la porte, sentant les courants d’airs lui filer entre les doigts. Le regard perdu dans la matière boisée, elle abaissa son menton, laissant l’air se faufiler dans le creux de son cou, caresser son visage, balayer furtivement quelques mèches, retirant son manteau avec lenteur. Si elle avait jusqu’ici su faire bonne impression, tirer des situations le meilleur telle une bonne élève, elle était dorénavant bêtement déçue. Déposant ses affaires avec douceur, elle caressa sa nuque, appuyant sur les points tendus, noués, emmêlés, comme pour prétexter que la fatigue était la cause de son humeur mélancolique. Toujours au milieu de l’entrée, comme perdu dans sa propre torpeur, elle descendit de quelques centimètres en retirant ses chaussures, ses gestes commençant à se sacader lorsqu’elle tenta de retirer ses boucles d’oreilles qu’elle laissa tomber, ses doigts crispés décrochant avec difficulté son collier qui vînt trouver dans le tapis de l’entrée son nouvel écrin de fortune. Elle savait que le chemin serait long, qu’il fallait conquérir les esprits, que la tâche serait ardue, quoiqu’il arrive, qu’elle ne devrait se faire avoir durant les batailles, que l’arrogance, l’impertinence, feraient sa puissance. Le meeting de ce soir avait été houleux et bien naïve de penser les choses acquises, le revers avait su la faire saigner, détourner le regard humiliée. La politique était un amant violent, abusif que l’on se devait de mater avec élégance.

Ses lèvres scellées depuis leur départ, elle n’avait pas adressé un mot de regret, d’agacement, d’excuse ou d’espoir à Charon, restant droite et silencieuse tel un animal à l’égo blessé qui se voulait mourir loin des regards. Le froid extérieur n’avait pas su vivifier ses sens, les avaient au contraire endolori. Les extrémités glacées dorénavant brûlantes lui rappelèrent cette condition de chaire et d’os qui lui arracha une expression de dégoût le temps d’un instant, telle une intolérance à son propre corps, sa propre situation. Son comportement évasif, son regard vaseux et fuyant, ignorante de la présence à ses côtés aurait pu faire croire qu’elle lui en voulait. Il aurait été difficile de le mettre en cause lorsqu’elle les considéraient tout deux comme un tout. Si elle s’en voulait, elle lui en voulait et ainsi vaquait les vagues à l’âme. Rentrant enfin dans la pièce principale, elle se servit un verre, toujours murée dans le mutisme malgré des yeux révélateurs, des lèvres pincées. « On en parlera pas. » Lança-t-elle soudainement, comme si le rappel de l’échec lui-même était une énième baffe sur sa peau rougit par le vent extérieur. « Tu sais déjà ce que j’en pense. » Fuyant calmement dans la salle de bain, verre à la main, elle laissa l’eau de la douche couler, attendant d’apercevoir les vapeurs envahir les surface miroitantes pour rentrer dans celle-ci, toujours vêtue, verre à la main.

« Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté. 
»

Soufflant la prose du bout des lèvres, les yeux clos, elle récita ses quelques mots qui étaient son oraison, sa messe, elle qui riait à gorge déployée face aux églises, aux cathédrales. Qu’importe la représentation, la religion, elle les moquaient car elle-même savait. Ses quelques mots étaient ceux qui la maintenaient éveillés, la retenaient, une commémoration afin de retenir le pourquoi. Si elle avait été ‘délivrée’ de son passé, son statut, la chose avait tout fait pour lui déplaire et finir d’achever ses tares vipérines. Buvant une gorgée du liquide ambré, elle s’humecta les lèvres avant de terminer d’une traite la chose, tel Gargantua noyé dans l’amertume. Éclatant la matière faite de verre à ses pieds, rétractant ses orteils tout en fronçant les sourcils, yeux clos, fasse au bruit, elle grimaça en sentant les éclats emportés par le tourbillon du typhon effleurer la plante de ses pieds nus, s’abaissant dès lors. Du bout des doigts, serrant dans sa fine paume les quelques éclats, elle resta accroupie, un air d’injustice transcendant son visage. Le terme était lancé : L’injustice.

« Je ne devrais pas saigner. » Dit-elle à voix basse, enraillée. Elle ne devrait pas fouler la terre, saigner, travailler, vivre sa vie ainsi. Le liquide rougeâtre semblait ne pas lui appartenir et voyant celui-ci s’échapper, c’était comme regarder un corps étranger s’évider. Inconnu, tel était le nom qu’elle portait dorénavant, le visage qu’elle voyait dans le reflet, le corps stagnant la clouant. Cela aurait été mentir que de dire qu’elle était entière, que ses réactions étaient appropriées. Elle, la paranoïde humanoïde se mouvant, faussement délectée de ce qui l’entourait.
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