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anger is a gift. ft Halcyon

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messages : 28
Date d'inscription : 23/10/2016
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Sujet: anger is a gift. ft Halcyon
Mer 26 Oct - 9:15


   
anger is a gift

   Brumes éthérées naissantes au sein d’une vieille ruelle pavée, les pas claquent les semelles sur les jeunes flaques figées. Seule une faible lumière tamisée, celle de quelques lampadaires opalescents, peine à s’étendre sur ce bras d’allée qui semble comme plongé dans la douce vapeur d’un rêve. Des silhouettes floues teintées du noir des manteaux se succèdent à la vue, dans le silence évocateur des angoisses stériles et des rêves effarouchés. L’esprit est ailleurs mais resserre un peu plus le col de la veste, égare un léger frisson à cette énième bourrasque hurlante. La bruine court alors sur les doigts raides de Seti, dégouline sur ses poignets. Il a le regard éteint des mauvais jours, fixé sur l’horizon invisible d’un autre monde. Les lèvres pincées sur des dents serrées, crocs à l’affût de la moindre chair inconsistante à déchirer. L’errance reprend, le long des pavés humides, se perd dans le chemin des inconnus sans visage. Le déchu du désert s’égare dans son propre esprit, une colère sourde s’est peu à peu emparée de lui, une rage douloureuse qui lui fend le crâne, un courroux brûlant qui se loge au sein du palpitant. Des images se succèdent, se superposent à la réalité, le martèlent de sarcasmes, de cette sensation désagréable d’avoir été dupé. Et monte cette fureur harassante, elle détruit les barrages, les rares digues que le dieu rouge avait dressées par futilité. Elle monte et martèle d’autant plus fort la musique qui s’était faite sourdine. La mélodie stridente éclate dans la tête de Seti, l’appel lointain se fait soudainement plus vif, la tentation est grande, la migraine ruisselle dans le crâne. Ses pas s’arrêtent, le son étouffé des claquements s’efface derrière la mélodie entrainante. Portant ses mains glacées à son front brûlant malgré la pluie qui tombe de ses cheveux humides, l’instant se fige avec les paupières qui se ferment, qui se resserrent sur la volonté déjà faible de faire silence, de fuir la céphalée mais cette illusion de combat intérieur est de toute manière inégale. L’instabilité de l’espoir se perd, pour peu qu’il aurait existé et le vide aspire l’antique divinité. Tout à coup, il n’y a plus rien. Rien d’autre que le silence assourdi et des ploc rieurs de la pluie légère dans les ténèbres de la venelle. Il n’y a plus rien ni personne, les pensées se sont tues, le froid n’est plus, le malaise a disparu.

La brutalité du contact brise ce précaire équilibre et ramène Seth dans l’instant. Ses paupières se lèvent aussitôt alors que l’épaule le heurte de plein fouet, bousculant l’aplomb si bien ancré tandis que ses iris bleus s’assombrissent d’un orage soudain et violent, se fixe sur la silhouette qui s’éloigne et l’ignore. La réaction est subite, issue des instincts ancestraux déconnectés de la moindre raison. Sa main agrippe férocement l’épaule de la silhouette anonyme qui avait l’air si pressée pour passer dans l’endroit désert. Une autre musique s’élève à présent, plus douce, plus attrayante, mais tout aussi dangereuse et malsaine. L’air du mal retentit, se déverse à grands flots dans les veines du dieu, qui ignore les dérisoires et vaporeuses protestations à son encontre et propulse sauvagement le pantin méprisé vers le mur proche. La chair et la pierre se rencontrent en un craquement sonore jouissif qui arrache un sourire mauvais à Seti. Il s’avance lentement, domine de toute sa hauteur l’imbécile à terre qui crache sang et injures, se repait de ce présent illustré d’un nez cassé ainsi que du futur aux exhalaisons âcres et ferreuses. L’orchestre de la jubilation entonne avec plus de puissance l’hymne du mal à mesure qu’il approche de l’inutile humain dont l’erreur est alors de se redresser et de tenter de se soustraire à son destin. Les doigts frappent alors, enserrent une gorge maigre, une peau crasseuse et tremblotante. Il ignore les ongles noirs qui glissent avec terreur sur son poignet, écorchent le derme divin sans y trouver prise. Son regard brûle d’une lueur folle, un éclat violent, un scintillement annonciateur du pire. Tue-le. Chuchotement d’abord, puis mots criés, gravés de marbre dans chaque parcelle de son être. Ses lèvres s’étirent, révèlent l’émail opalescent d’un rictus cruel alors que sa paume libre frôle le manche doucereux du couteau de chasse à sa ceinture.

Ni blanc, ni noir. La bruine court sur les doigts de Seti, dégouline sur ses poignets et pénètre le tissu. Il se sent revenir à lui comme au calme après une tempête, accroupi dans la ruelle apparemment déserte au dessus d’un corps lacéré. Son regard tombe sur ses mains trempées non seulement par la pluie mais par l’hémoglobine versée qui se mélangent, se diluent et s’égouttent vers le sol. Nulle frayeur, nulle horreur, seules les traces d’une délectation meurtrière persistent. Le soulagement temporaire semble grisant, éloigne des augures plus sombres. La tête est rejetée en arrière, se noie dans la fraicheur ; le tumulte est passé, la migraine dissoute. Tout n’est cependant pas parfait, il y a cette sensation d’être épié qui le prend et, dans l’obscurité, Seti parvient finalement à apercevoir des pupilles qui le fixent, un visage presque caché.
   
AVENGEDINCHAINS
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Sujet: Re: anger is a gift. ft Halcyon
Ven 28 Oct - 12:34

Anger is a gift

I can give you my loneliness, my darkness, the hunger of my heart, I am trying to bribe you with uncertainty, with danger, with defeat.


Les jambes fuselées, marquises d’un tissu fleuri guides les pas staccato d’une déesse errante, elle est pâle sous la lune luminescente, argent livide peignant la silhouette recouverte de velours, les bruits des talons sous l’asphalte bétonné. Elle possède l’expression d’une reine agonisante, la lourdeur de pensées terrible, Jalousie narguant la paix au cœur, les veines s’enfoncent dans l’abime d’un souhait éreintant, impossible. Quelques fois les sentiments se chevauchent, se pourchassent, l’astre illuminé remplacé par l’étoile dégénérée ; c’est le manque au myocarde d’un visage aimé, broussaille aux joues, voix de stentor appréciée, cet homme partageant six mois de son existence inachevée. Elle est fugitive de ses souvenirs, refuse l’abysse des mouvements de son enfance, de son esprit quémandeur, cette colère gronde, fuse, dérivent les pleurs sous l’épiderme étranglé de la peinée. Alors, inconscience s’éveille lorsqu’elle admire l’arme sous ses doigts mouvants, elle cache la funèbre sous le rideau de ses habits guerrière. La rue stridule des énergies foisonnantes, ce quartier adoré, la nuit, quand les garnements préservés  respirent tranquillement dans l’alcôve d’un sommeil serein. Elle a abandonné l’autel des augures présages, des paroles chuchotées, dans l’intimité d’une passion éternelle, s’éteignant à l’été pour revenir l’hiver, vague ravageant la lueur de lucidité de Perséphone, l’angoissée.

Elle s’arrête, figée statue de luxure dans l’obscurité, l’odeur pénétrante d’un ruisseau de sang frais, le meurtrier égaré près de la charogne défigurée, tout à l’heure un homme ou une femme vivante, maintenant le trépassé. Elle ne s’avance pas Wisen, elle connait les débauches, les courroux d’acier, les tempêtes sauvages de coups contre la marée, ces victimes essoufflées, malchanceuses, elle connait ces moment d’abandon, barbare, ruine d’un corps, d’une âme quand l’énervement souffle ravie sur les raisons, les principes de l’édelweiss colérique, lunatique. La présence inconnue, elle aussi, reste pétrifiée songe-t-elle, mortel ou dieu, la question n’apparait pas, elle s’agenouille près de la figure saignée, écartelée, égratignée. Un écorché aux lambeaux de peau jonchant le macadam éponge de vie. « Il faudra s’en débarrasser. M’est avis me dit que ce n’est pas ta première fois. » Elle sourit, la déité, ravie, méprisante envers ces carcasses éphémères, elle ne garde qu’une chaleur pour ses frères et sœurs, bannis eux aussi. Les doigts plongent dans les sillons rougeâtres, baignés d’une lueur fantasmagorique, l’esquisse d’une œuvre d’art futur, son visage barbouillé de cette mort exténuée, appelée mainte fois par l’antique souveraine infernale.

« Comment t’appelles-tu ? » La politesse délivrée par la curiosité, le sentiment d’un trésor, d’une découverte, d’un double peut-être, là, au fond de son être, au fond de son immortalité, au fond de ses mémoires, de ses expériences, de ses rubans d’émotion, le tremblement d’une reconnaissance. Grec ou nordique, elle ne s’imagine pas les contrées éloignées, où le désert s’enroule au danger, ces vagues sables pour les religions arides. Elle se peint un espoir de trouver peut-être un demi-frère, celui qui partagera les souvenirs du père irascible, d’un serpent ou d’un étranger pourtant d’une même nature ne l’envahit pas, fillette égoïste. Mais l’admiration teinte, rugit, mouchetée de cette joie printanière, d’un ennui disparu, de connaître ce roi aux exhalaisons putrides de cette faucheuse adoptée. « Viens-tu de l’olympe ou d’un monde similaire ? » Aucune peur dans les paroles sorties de la gorge de lait, les notes s’enflamment, l’oiseau valse, se percutent dans la mélodie de son interrogation les espoirs, se cognent les projets tissés dans l’âme. Elle ne le voit pas, elle n’aperçoit ni cheveux noyés dans la vapeur opaque, ni orbes meurtrières, elle ressent le calme s’embaumant d’un corps antique. Elle lui demande. « Partons, allons autre part. » un ordre traversé de désir.

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